Zéro déchet / Minimalisme

Pourquoi réduire nos déchets?

Cette semaine, je souhaitais vous proposer un article “invité”. Une experte du zéro déchet a bien voulu écrire un article un peu technique,mais nécessaire pour ce blog.

Cette experte, c’est Pauline.

Le déclic de Pauline, c’est un voyage d’un an en Amérique du sud. ce voyage l’a sensibilisé au minimalisme d’abord… Puis, de fil en aiguille, elle s’est inscrite dans un mode de vie le plus sain et éthique possible (alimentation bio, mettre en pratique les démarches Zéro déchet…).

Mais tout cela, vous le découvrirez bientôt à l’occasion d’une interview que je ferai d’elle! En attendant, je vous propose de découvrir les vrais raisons qui devraient nous pousser à réduire nos déchets.

C’est parti, Pauline!

Pourquoi réduire nos déchets ?

Avez-vous déjà pensé à ce que devient votre mégot quand vous le jetez par terre ? A ce que devient la canette que vous avez bue dans la rue et que vous jetez dans une poubelle publique ? À votre poubelle noire que vous sortez en bas de l’immeuble ?

On a tendance à sortir complètement ces objets de notre esprit, à partir du moment où on les a jetés. On ne les voit plus, on n’y pense plus, ce n’est plus notre problème.

Je l’ai jeté à la poubelle, pas dans la nature, c’est bien ! En plus j’ai fait le tri, donc j’assure !

Effectivement ne pas jeter de déchets dans la nature, c’est bien. C’est la base! Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer que ce que les humains produisent et qui se décomposent difficilement dans la nature.

Ah si tiens, voici un dessin :

réduire nos déchets

À noter que quand on jette des objets (notamment des mégots) dans la rue, ils finissent souvent dans le caniveau, donc dans la nature ! La meilleure place d’un déchet est donc dans une poubelle.

Et ça, on en produit des poubelles ! Un Français produit en moyenne environ 400kg de déchets par an (328kg à Bordeaux Métropole), soit plus d’un kilo par jour (1,2 kg/jour pour un Bordelais). Ces déchets, on les paye ! Une fois, quand on les achète, et une fois, quand on paie notre taxe d’ordures ménagères. En moyenne 90€ de taxe par an, dont la moitié pour les ordures résiduelles uniquement (le reste pour les différentes filières de recyclage). 

Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ?

Un tiers de nos déchets est constituée de déchets organiques (épluchures, restes de repas etc). Pour le reste, on a les papiers/cartons (21,5 %), le verre (12,7 %), les plastiques (11,2 %), les textiles (10,6 %,), les métaux (3 %) et divers matériaux composites ou non classés (8,9 %). 

réduire nos déchets

Qu’est-ce que ça devient ?

Les communes se rassemblent en syndicats pour la gestion de leurs déchets. À Bordeaux, c’est le syndicat de Bordeaux Métropole, à Libourne c’est le SMICVAL etc…

Nos ordures sont collectées par  les rippeurs (qu’on appelle communément éboueurs) et emmenées dans des centres de traitement (parfois avec une étape de stockage/rassemblement). Le traitement est mis en œuvre par un prestataire (comme Suez, Veolia etc) sur demande du syndicat.

Il existe aujourd’hui 3 grands types de traitement.

Le tri pour les déchets recyclables.

Les déchets sont emmenés dans un centre de tri, et vont ressortir en balles de tri (papier, bouteilles plastiques etc) à destination des filières de recyclage (une papèterie par exemple), qui sont des entreprises privées indépendantes du syndicat.

Chaque centre de tri a son fonctionnement propre, comportant souvent une partie automatique (avec des machines) et une partie manuelle (avec des employés).

Suivant les caractéristiques du centre de tri, son procédé, ses outils etc, les consignes vont être différentes.

Chaque syndicat choisit un centre de tri, qui peut être sur son territoire ou non. Un habitant peut donc avoir certaines consignes, et son ami vivant dans la commune d’à côté peut avoir des consignes complètement différentes si le centre de tri n’est pas le même.

Il est donc important de se renseigner sur les consignes de sa commune. Pour cela il faut identifier le syndicat dont vous dépendez, et aller sur son site internet. Il y a toujours une partie qui explique ce qui va dans chaque poubelle. Exemple ici pour Bordeaux Métropole.

Les consignes de tri est les couleurs des bacs sont censés être uniformisés dans tout le pays d’ici 2025.  La France est classée au dixième rang européen avec un taux de recyclage de 35 % contre 62 % en Allemagne.  

réduire nos déchets
Le centre de tri de Firminy traite chaque année 40 000 t de déchets recyclables

Pour les déchets résiduels (poubelles grise) : il n’y a pas de tri !

Le syndicat amène directement les poubelle au centre de traitement. Tout ce qu’on met dans ces poubelles va y aller. C’est pourquoi il est important de ne pas y mettre de déchets recyclables ou dangereux (piles, médicaments etc). 

L’incinération.

Il a plus de 127 incinérateurs en France. Les déchets sont brûlés dans de gros fours à environ 1000°C. Ils se transforment pour partie en fumées, qui sont récupérées et traitées.

Les émissions sont réglementées, mais il y a toujours un peu de substances indésirables qui se retrouvent dans l’atmosphère (furanes, dioxines etc). Les déchets brûlés deviennent aussi pour partie des cendres (ou mâchefers), et des poussières.

Ces solides sont expédiées pour être dépollués, avant d’être enfouis.

L’usine utilise de l’eau, qui est également traitée et analysée avant d’être renvoyée dans une rivière.

La plupart des incinérateurs font de la valorisation énergétique, c’est à dire qu’ils utilisent la chaleur de four pour faire de l’électricité et de la chaleur. Pour 1 tonne d’ordure ménagères incinérées, on obtient :

  • 200kg de mâchefer –> sous les routes
  • 20kg de cendres et 2kg de boues –> enfouies
  • de l’eau –> dans la rivière
  • des fumées –> à l’atmosphère
  • de l’électricité
  • de la chaleur

Vous pouvez trouver la carte des incinérateurs ici : http://www.france-incineration.fr/. Et pour lire ma visite à Astria c’est là.

En 2010, 244 ISDND (Installations de stockage de déchets non dangereux) ont reçu un peu moins de 20 millions de tonnes de déchets dont 36 % d’ordures ménagères résiduelles.

Ces « décharges » sont donc encore très présentes, notamment sur les territoires qui n’ont pas d’incinérateur. Les camions déversent les déchets dans un grand trou où ils sont tassés. Lorsque le trou est rempli il est refermé hermétiquement.

Les déchets en se dégradant produisent des liquides (le « jus de poubelle ») appelés lixiviats, qui sont traités et rejetés dans un cours d’eau. Ils produisent également des gaz, appelé « biogaz », qui contient beaucoup de méthane.

De nombreuses installations valorisent aujourd’hui ce gaz en chaleur et en électricité. Le centre de Lapouyade en Gironde utilise cette chaleur pour chauffer des serres de production de tomates hors sol, commercialisées par les Paysans de Rougeline.

La loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte fixe une réduction de 50% de la quantité de déchets mis en décharge à l’horizon 2025, ce qui va pousser les syndicats à privilégier le recyclage et l’incinération. D’autre part, lorsqu’un centre de tri nécessite une trentaine de personne, un centre de stockage n’en a besoin que de 2. 

réduire nos déchets

Cette gestion des déchets est récente, car le dépôt en décharge était très courant.

La première loi date de 1975, et la loi sur le tri date de 1992. Heureusement que nous avons mis en place des solutions de collecte et de traitement!

Mais on voit qu’elles ne sont pas idéales, elles ont des impacts notables sur la santé et sur l’environnement, consomment beaucoup d’énergie, d’eau, de ressources (même le recyclage). La solution est alors de réduire nos déchets . 

réduire nos déchets

La démarche zéro déchet

Pour limiter nos impacts, nous devons produire moins de déchets. Chacun à son rythme, nous pouvons nous engager dans une démarche pour appliquer des gestes simples et réduire nos déchets petit à petit.

Loin d’être restrictif ou moralisateur, ce courant a pour objectif de nous faire réfléchir à notre mode de consommation, et de nous faire changer d’habitudes vers des comportements plus écoresponsables. Cela se base sur les 5R, principes pour considérer nos déchets :

Refuser : je ne veux pas que cet objet entre dans ma vie, dans ma maison, pour devenir un déchet. Exemples : les objets jetables (sacs en plastique, paille, barquette de frite, flyer, publicité etc)

Réduire : est ce que je peux acheter cet objet (ou cet emballage) moins souvent, ou en plus petite quantité ? Exemples : une grande pot plutôt que des portions individuelles

Réutiliser : est-ce que je peux utiliser cet objet plusieurs fois ? Puis-je le réparer ? Puis-je lui donner un autre usage ? Est-ce que quelqu’un d’autre peut l’utiliser si moi je n’en veux plus ? 

Exemples : je peux remplir et réutiliser ma bouteille d’eau plusieurs fois, je peux réutiliser un bocal en verre pour y stocker mes pâtes, donner mes vieux vêtements, réparer mon smartphone 

Recycler : puis-je valoriser cet objet, pour sa matière (recyclage, compostage) ou au moins pour en faire de l’énergie (valorisation énergétique) ?

Exemple : composter mes restes alimentaires, faire le tri sans erreur

réduire nos déchets

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En appliquant ces principes, on réduit notablement la quantité de déchets résiduels enfouis ! Vous trouverez plein d’astuces en visitant mon blog Ateliers zd et ma page facebook .

Et vous, quelles sont vos astuces zéro déchet ?

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