Florence

Cette année là

Cette année là, je suis ce qu’on appelle une mandataire judiciaire.

Par l’intermédiaire d’une association, je suis mandatée par le juge des tutelles pour gérer la tutelle ou curatelle de personnes majeurs.

Je me sens vide et inutile.

Je n’ai pas le sentiment de réussir à aider qui que ce soit à ce poste…

Je me sens perdue , à côté de la plaque, à côté de ma vie…

Quand j’étais jeune, je m’imaginais plus tard, danseuse derrière les stars, décoratrice d’intérieur, Psychologue… Des métiers vraiment très différents …

À mon sens, pour devenir danseuse, j’étais trop grosse, pour devenir décoratrice d’intérieur, je pensais ne pas être assez audacieuse et pour devenir psychologue, je ne m’estimais pas assez intelligente…

OK, et avec autant de croyances limitantes , on avance comment ?

On avance par défaut, ma petite dame !

Oh, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu’on ne va que vers ce qu’on pense valoir… si on pense ne pas valoir grand chose, on ne s’autorise pas l’accès à nos rêves.

Du coup , comme j’aime les gens, j’aime les aider, les accompagner, les guider et que ça, ça me semble simple, je tente de faire carrière dans le social !

Me voilà donc travailleur social: mandataire judiciaire.

Fière d’avoir un travail, je suis donc cette salariée dans une association.

J’y exerce un travail pour lequel je ne suis pas très bien payée , mais bon j’ai un contrat à durée indéterminée !

Alors quoi ? Qu’est-ce qui cloche ?

À l’époque, je suis mariée , j’ai 2 enfants, nous sommes propriétaires d’une maison avec une piscine, nous avons 2 voitures, un chat et nous sommes chacun en contrat à durée indéterminée.

Pourquoi suis-je aussi mélancolique, vidée, triste, sans joie, … alors que j’ai tout !…

Je cherche ce qui cloche

J’ai consulté une psychologue un sacré bout de temps.

Bien sûr, on repère un sérieux manque de confiance en moi, sur lequel on travail, mais je meurs dans ma vie de tous les jours et j’ai besoin que que ça change le plus vite possible !

Entre temps, je suis en formation pour acquérir et affiner certaines nouvelles compétences nécessaires à mon métier. J’étais ravie d’entamer cette formation car j’étais persuadée qu’il s’agissait là de la pièce manquante à mon bien-être au travail.

Malheureusement cette formation a eu l’effet inverse.

Je me suis sentie en décalage total avec mes collègues, et même avec le métier. cette formation a mis en exergue le fait que certaines de mes valeurs professionnelles n’étaient pas comblées.

ça, c’est ce que je comprends aujourd’hui. à cette époque, je me considère comme incompétente!

À cette période j’ai compris qu’il me fallait comme un électrochoc pour enfin réaliser que ma vie était tout de même heureuse. Je voulais qu’on imprime rapidement dans mon cerveau que ma vie est belle et qu’il faut savoir s’accommoder de ce que l’on a et faire des concessions…

Bref je voulais savoir prendre de la distance sur les ombres de mon tableau.

Un jour, une collègue m’a parlée de thérapie brève et plus particulièrement de l’hypnose.

« Tu m’as bien regardée! » lui ai-je dit, « Il n’est pas question qu’on m’endorme et qu’on manipule comme un pantin, je n’en suis pas là quand même… » Ah la la! Les préjugés!…

Ma collègue : « Mais non, c’est pas comme ça que ça se passe… En fait si j’ai bien compris ce qu’il se passe en séance d’hypnose, le professionnel te met dans un état de conscience modifiée, mais attention, tu restes complètement consciente… Et le fait, de travailler sur toi, dans cet état de conscience, les modifications s’inscrivent plus facilement et ça te permet d’aller plus vite… En tout cas c’est ce que j’ai compris… »

Moi: « Ah bon, bah écoute je vais me renseigner ! »

Le soir même, je prenais rendez-vous avec un praticien.

Un mélange de peur, d’excitation et d’espoir s’entremêlait…

L’hypnothérapie, c’est quoi ?

L’hypnose, du coup, c’est quoi?

C’est un état d’esprit qui se caractérise par une profonde relaxation, une concentration très ciblée et une suggestibilité accrue. L’hypnose est un état intermédiaire entre sur le sommeil et l’éveil: c’est un état de transe!

La transe, c’est par exemple, lorsqu’on est plongé dans la lecture d’un livre, un enfant qui joue avec un ami imaginaire, l’esprit qui vagabonde pendant que l’on fait du sport… c’est un état dans lequel on plonge assez naturellement plusieurs fois par jour…

Bon, pas de panique, du coup!!

Déroulement des séances

Me voilà à prendre rendez-vous chez un Hypnothérapeute le plus vite possible (15 jours d’attente interminable)!

J’arrive au rendez-vous, et explique ce que je souhaite : « être en harmonie avec ma vie et avoir confiance en moi »

A priori, il n’y aura pas besoin de beaucoup de séances: trois séances, trois semaines.

Trop cool!!!! Dans trois semaines, ma vie sera belle ! !

Première séance : 

J’en sors un peu euphorique car je réalise que j’ai bel et bien cette belle vie dont je parle plus haut … Malheureusement, deux jours plus tard, ça retombe comme un soufflet.

Deuxième séance : 

J’en sors avec beaucoup trop de réflexions et questionnements sur ma vie… Je ne suis pas contente car ça ne marche pas ! ! Ce n’est pas « magique » !

Troisième séance : 

J’explique au thérapeute ce que je ressens… Je lui parle de ma colère avec une pointe d’insolence… Je le défie!

Il me répond qu’effectivement ce n’est pas un tour de magie et que mon introspection est le fruit de mon raisonnement, lui-même déclenché par les séances…

Et comme on est supposé être à la dernière séance (et qu’il veut prouver qu’il ne m’a pas menti !), il me met en situation, mais cette fois, en conscience…

Lui: « Par contre, cela risque de secouer un peu!

Moi: « OK, je suis venue pour ça de toute façon ! »

Debout, au milieu d’une pièce carrelée, il me dit:

Lui: « Chaque carreau de carrelage derrière et devant toi représentent 10 ans de ta vie. Le carreau où tu es, représente « aujourd’hui ». Les carreaux derrière toi représentent « le passé » et les carreaux devant toi représentent « l’avenir ». »

J’ai donc commencé par regarder dans « le passé ». Je suis revenue sur mon enfance, mon adolescence, ma vie de jeune adulte, et aujourd’hui, en décrivant brièvement les étapes.

Puis viennent les carreaux devant moi!

L’électrochoc, c’est ça!!

Il me dit: « sans changer quoique ce soit dans ta vie d’aujourd’hui, l’avenir, c’est quoi ? »

  • J’avance d’un carreaux (10 ans) et je lui dis que je vois mes enfants grandir… C’est une belle vision, mais je suis malheureusement aigrie par mon travail qui me sort par les yeux…
  • J’avance encore d’un carreau (10 ans de plus), et je me vois en pleine dépression, nulle, inutile…
  • Puis, je refais un pas vers le carreau suivant (encore 10 ans), et là…, je me prête à mourir de n’avoir rien fait de ma vie qui puisse me rendre réellement heureuse… Je lui parle même de suicide…

Ouhla!!!! Le voilà, l’électrochoc!! Je pleure chaudement…

Cela voulait dire que si j’avançais sans ne jamais rien changer de ce que je pensais être un détail à accepter, je courais à ma perte, j’allais droit dans le mur!

Moi qui était venue pour accepter ma vie telle qu’elle était, je me rendais compte qu’il fallait absolument que je modifie ce « détail » au plus vite.

C’était devenu vital !

Trois semaines après la première séance, la vie n’a pas été aussi belle immédiatement, comme je l’avais espéré, loin de là, même!

Mais, la douleur que cela a provoqué en moi, m’a fait un bien fou!

Et surtout, cela m’a mis le pied à l’étrier du changement! Enfin, j’allais sortir de ma zone de confort et prendre le risque de me tromper, d’échouer,… mais j’allais vivre, vraiment vivre, et non plus subir!!!!

YOUPI !!

J’ai quitté mon job en bénéficiant d’une rupture conventionnelle.

ET je suis partie, comme ça, sans savoir ce que j’allais faire après…

Bienheureusement, la stabilité de mon cher et tendre m’a permis cette remise en question, mais tout de même, c’était franchement angoissant!

Déprime! Prêt! Feu! Partez!

Donc après avoir pleuré un bon coup, j’ai entamé les démarches auprès de pôle emploi pour réaliser un bilan de compétences!!!

En attendant sa mise en place, j’ai décidé de ne surtout pas réfléchir sur mon avenir, car seule, la conclusion était toujours la même : « Ma pauvre Flo, tu n’es qu’une bonne à rien! ». Pour éviter ces remarques déplaisantes que je me faisais, j’ai eu la grande idée de faire travailler mes mains. J’ai demandé à ma maman chérie de passer une semaine avec moi pour coudre et tricoter.

À ce moment-là, j’avais une soif de création !

Objectivement, en tricot, je suis une bille… Mais, par contre, refaire de la couture après plusieurs années d’abstinence a été bien plus qu’un divertissement pour moi…J’ai découvert un enthousiasme et une énergie que je ne me connaissais plus!

Confidences

Aux yeux des autres, je me suis mise à coudre juste pour le plaisir, mais dans ma tête, c’était l’ébullition : devenir couturière devenait obsessionnel!

Mais qu’allaient penser les gens?? Pour de nombreuses personnes, la couture n’est pas vraiment  un métier, c’est un loisir!! Si si, je l’ai entendu… et ps qu’une fois…

Mais, à ce moment précis, j’ai réalisé que je désirai plus que tout être capable d’accomplir et réaliser des choses par mes mains.

Dans ma tête, j’avais le sentiment que posséder un savoir-faire artisanal, était précisément ce qui me manquait depuis toujours! …

Et toujours dans ma tête, je n’avais été faite que pour ce type de métier!

Au fond de moi, je l’ai toujours su! Je suis une manuelle! Du moins, c’est ce que je ressens à cet instant T.

Au début, j’ai commencé mon bilan de compétences, je n’assumais pas du tout ce désir professionnel, vous l’aurez compris!

J’ai donc laissé les 3 premiers entretiens se dérouler en faisant comme si je n’avais aucune idée précise en tête.

Mais en même temps, une colère (nécessaire) grandissait en moi : encore une fois je ne m’écoutais pas ! !

C’est décidé, je m’écoute!

À la suite de quoi, au 4ème entretien, j’ai tout déballé!!! Et à partir de là, toutes les démarches étaient uniquement orientées sur les métiers de la couture, les débouchés, et les moyens d’y parvenir! La conseillère était une perle d’encouragement, sans préjugés … de la bienveillance à l’état pur.

Gargarisée par ces discussions dynamisantes, je me suis attelée rapidement à une enquête précise. J’ai téléphoné à de nombreuses couturières pour leur demander si concrètement elles avaient suffisamment de travail et tout et tout, etc…

Ensuite, j’ai recherché une école préparant les adultes au CAP. J’ai dû farfouiller Internet, car il y en avait peu en France, et pas super bien référencées.

Un matin, découragée après plusieurs recherches infructueuses sur internet, je tombe presque par hasard sur le site d’Espace Couture de Floirac (on appelle ça de la synchronie!!). Ma première réaction fut de… Pleurer ! (Oui, je suis vraiment une grande sensible ! 😉

Cette réaction était le signe que je m’alignais à mes besoins et valeurs.

Je viens de trouver mon école à un quart d’heure de chez moi. YOUHOU!!

Après quelques entretiens et démarches, c’était plié ! Dans quelques mois, je serai diplômée du C.A.P. couture floue, diplôme suffisant pour m’installer à mon compte.

Merci pour cette lecture

Amour Bisous Calinous

It’s a kind of magic, hein!!!

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